Historiquement, les mines antipersonnel et antichar étaient utilisées lors des conflits armés pour ralentir l’ennemi et protéger des positions stratégiques. Leur coût faible et leur capacité à infliger des pertes sur le long terme en faisaient des armes redoutables. Cependant, leur impact humanitaire fortement négatif a conduit à une prise de conscience internationale.
C’est pour cette raison que le traité d’Ottawa, signé en 1997 et entré en vigueur en 1999, interdit la production, l’utilisation, le stockage et le transfert des mines antipersonnel.
Aujourd’hui, plus de 160 pays sont signataires de ce traité. Cependant, certaines nations, groupes de mercenaires ou terroristes continuent d’utiliser ces engins, notamment dans des zones de conflit actif. Si l’utilisation des mines est désormais limitée, un héritage de ces engins persiste : des millions de mines sont encore enfouies dans le sol, représentant une menace permanente pour les populations civiles, on estime qu’il y a encore entre 1.2 et 2 millions de km2 de terres condamnées (Janvier 2022). Les principaux déchets de guerre liés aux mines proviennent des conflits du XXᵉ siècle. Parmi les zones les plus touchées, on trouve : Le Vietnam, le Cambodge, l’Afghanistan, de nombreuses zones de l’Afrique subsaharienne mais également l’Europe de l’Est et les Balkans. Ces déchets explosifs entravent le développement économique et humain des régions concernées. Les terres cultivables deviennent inutilisables, les routes impraticables et les infrastructures difficiles à reconstruire.
Nous devons impérativement remédier à ces problèmes d’autant plus que l’impact humanitaire de ces déchets rend la situation encore plus critique.
En effet, selon l’Observatoire des mines, les mines antipersonnel et antichar feraient 6000 morts et blessés chaque année, on y retrouve 80% de civils et la majorité sont des enfants qui déclenchent ces engins en jouant. Hors des blessures physiques, les mines causent également des traumatismes psychologiques chez les survivants. Aujourd’hui, des régions entières restent inhabitées par peur des mines. En effet, elles empêchent l’agriculture mais aussi l’exploitation des ressources naturelles sans oublier les difficultés de reconstructions. Il est alors impératif de nous concentrer sur le déminage de ces zones.
De nos jours déminer une zone est un défi de grande ampleur, car il faut jongler avec plusieurs contraintes :
- Le coût : le déminage des mines sur un terrain d’un hectare coûte plusieurs milliers d’euro alors que la fabrication de ces mines ne coûte que quelques billets seulement.
- Le temps : Il faut parfois plusieurs décennies pour nettoyer complètement un pays contaminé. À ce rythme, certaines régions ne seront totalement déminées que d’ici 50 à 100 ans. Comme au Laos où après 25 ans de déminage, reste fortement contaminé par une grande variété de munitions non explosées.
- Le personnel : Aujourd’hui, les démineurs restent des experts, on en trouve peu. Malgré leur expertise ils sont quand même constamment exposés à un danger mortel. En effet, chaque opération comporte un risque d’explosion accidentelle, ce qui rend le travail des démineurs extrêmement dangereux.
De nos jours, le déminage est un processus rigoureux en plusieurs étapes :
- Cartographie : Les experts utilisent des archives militaires, des témoignages et des relevés satellitaires pour localiser les zones suspectes. Arrivés sur place, ils utilisent des drones pour cartographier la zone
- Détection : En utilisant des détecteurs de métaux, des chiens, des rats géants d'Afrique ou des drones et d'autres robots, les experts détectent précisement la localisation des mines et leur niveau de profondeur. Ils sécurisent ensuite la zone réglementaire autour des mines détectées
- Neutralisation : Une fois localisées, les mines sont détruites par désactivation manuelle ou par certains processus de neutralisation utilisant divers produits chimiques pour mettre hors d'état de nuire la mine. On peut également utiliser les techniques de déminage par explosions contrôlées que nous défendons sur ce site internet.
Le déminage est donc un travail long, minutieux et couteux, ce qui justifie la nécessité d'innovations pour améliorer son efficacité.